Les Mandrinades c'est fini ! Du 16 au 18 juillet 2010, Saint Etienne de Saint Geoirs, ville natale de Louis Mandrin accueillait une grande fête populaire à la gloire de Mandrin. En savoir plus...

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L'éxécution de Mandrin

26 Mai 1755

Il y a 255 ans sur la Place des Clercs à Valence, Louis Mandrin montait sur l'échaffaud pour y être exécuté... Récit de l'une des éxécutions les plus célèbres de l'histoire de France.

La capture de Mandrin

Lieu de la capture de Mandrin

Château de Rochefort en Novalaise au début du XXe siècle, Lieu de la capture de Louis Mandrin

Pourchassé par les fermiers généraux, insatiables collecteurs d'impôts de l'Ancien Régime, Mandrin est capturé dans la nuit du 10 au 11 Mai 1755 au Château de Rochefort en Novalaise (Savoie) et ammené à Valence.

Les Valentinois vont découvrir un être plein d'esprit et de répartie au cours d'entrevues organisées par groupe de cinq personnes dans sa cellule.

Le tribunal de Valence

Mandrin dans sa cellule de prison à Valence

Mandrin dans sa cellule de prison à Valence

Valence est depuis 1733, le siège d'une juridiction d'exception de mauvaise réputation :

"La commission de Valence" que Voltaire décrivait comme étant un des fléaux de l'humanité. Celle-ci condamna en 1755, le célèbre contrebandier à être roué de coup à vif et etranglé sur la Place des Clercs.


L'éxécution de Louis Mandrin

Exécution de Mandrin à Valence

L'éxécution de Mandrin est l'une des plus célèbres de l'Ancien Régime et a sans doute contribué à faire grandir le mythe alors en formation.

Le jugement est rendu le samedi 24 Mai 1755 dans la soirée. Le lendemain étant un dimanche, il faudra attendre Lundi 26 Mai 1755 pour que le greffier lui lit son arrêt de mort. L'éxécution aura lieu dans la foulée.

Il est environ 17h lorsque Mandrin sort de prison. Il y a du monde jusque sur les toits.
On peut même louer même pour douze sous les gradins construits spécialement pour l'occasion.
Des patrouilles ont été placées dans les rue de Valence et les portes de la ville sont fermées !

Supplice de la roue

Mandrin est nu en chemise, la corde au col, il porte un écriteau sur lequel il y a écrit en gros caractères Chef des contrebandiers, criminels de lèse-majesté, assassins, voleurs et perturbateurs du repos public, et tenant en ses mains une torche de cire ardente, du poids de deux livres. Tout en gardant cet air fier et aussi martial qu'il avait lorsqu'il se battait, il s'agenouille devant la cathédrale de Valence et dit alors : Je demande pardon à dieu, au roi et à la justice, de tous mes crimes et attentats...

Louis mandrin est ensuite conduit à la place des clercs de Valence où est dressé l'échaffaud.

On lui donne de l'eau de vie, ainsi qu'au confesseur qui s'évanouit. Puis il endure sans un cri d'avoir «les bras, jambes, cuisses et reins rompus vifs[...] mis ensuite sur une roue, la face tournée vers le ciel pour y finir ses jours». sur avis de l'évèque de Valence, sensible à son repentir, le juge ordonne au bourreau de l'étrangler au bout de huit minutes. Son corps est accroché au gibet. Ses biens sont «confisqués au roi», dont dix milles livres vont dédommager la Ferme et payer le procès.

Le jour de son exécution une foule innombrable se pressera Place des Clercs. Son corps fut exposé après sa mort durant trois jours et tel des pélerins de nombreuses personnes acoururent pour lui rendre un dernier hômmage tant sa popularité s'était accrue.

La mort de Mandrin sur la roue de Valence marque la fin de ses agissements mais aussi le début d'une légende tant l'homme marqua les esprits de ses contemporains.

L'instrument de torture utilisé pour l'éxécution de Mandrin

Le supplice de la roue est le chef d'oeuvre de cruauté réservé aux homicides de lèse-majesté.


La mort de Mandrin vue par ses contemporains

Le curé Jean Baptiste Violier nous montre combien le peuple aimait le « capitaine des Contrebandiers de France ». Il voit déjà, en 1755, un message politique à l’action de Mandrin. Il n’hésite pas à critiquer les Grands :

Mandrin a volé les puissants de l’époque et a été puni alors que ces puissants dépouillaient le peuple en toute impunité. 1755

Le grand Mandrin est expiré à Valence, au milieu de cette année, entre ciel et terre.

Ce fut pendant des jours un fameux pèlerinage, le corps brisé de Mandrin exposé aux fourches patibulaires, "on y afficha des vers de tout étage et des épitaphes en lettres de sang". En voici quelques-uns :

Passant, raconte à tes semblables Que Mandrin, dont tu vois les os, Par des forfaits inconcevables Fut égal à plus d'un héros, Qu'il régna dans la contrebande, Qu'il mourut sur un échafaud, Que pour la gloire de sa bande Mandrin régna trop tard, ou qu'il mourut trop tôt.

Poseure Moerentes Socii.

ou encore ...

Tel qu'on vit autrefois Alcide Parcourir l'Univers la massue à la main, Pour frapper plus d'un monstre avide Qui désolait le genre humain, Ainsi j'ai parcouru la France, Que désolait mille traitants ; Je péris pour avoir dépouillé cette engence, Je jouirais comme eux d'une autre récompense, Si j'avais dépouillé les peuples innocents.

chansonnier Clairambault

Et des vers anonymes...

Passants, honorez de vos pleurs Celui qui fit la guerre aux vices : Il courait après les honneurs, Il ne trouva que des supplices. Si, pénétrés de ses malheurs, Vous voulez savoir son histoire, Interrogez-en l'Univers, Ou la déesse Mémoire Qui parle dans ce dernier vers : Ci-gît Mandrin, Ci-gît la gloire.

Anonyme

Et l'épitaphe de Mandrin ...

Le Mandrin dont tu vois le déplorable reste, Qui termina ses jours par une mort funeste. Des gardes redoutés, des villes la terreur, Par des faits inouïs signala sa valeur ; Déguisant ses desseins sous le nom de vengeance, Deux ans en pleine paix il ravagea la France. Dans ses incursions, amis des habitants, Taxa d'autorité les caisses des traitants. Lui seul à la justice arrachant ses victimes, Il ouvrit les prisons et décida les crimes, Quoiqu'en nombre inégal, sans se déconcerter, Aux troupes de son prince il osa résister. Plus grand que Cavalier et plus grand que Cartouche, Il ne fut point guidé par cet esprit farouche Qui des grands scélérats annonce la fureur ; Du crime et du carnage il eut toujours horreur. Lorqu'il se crut au port, il rencontra l'orage ; Il fut pris sans pouvoir signaler on courage. D'un oeil sec et tranquille il vit son triste sort. Fameux par ses forfaits il fut grand par sa mort.

Archives

Le document suivant est extrait d'un ouvrage allemand du XVIIIe siècle qui aborde l'éxécution de Mandrin.
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Vos commentaires

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Posté le Mercredi 07 février 2007 à 18h06 par lmandrin

Il doit bien rester un ou deux témoins valentinois de plus de 250 ans encore vivants parmi vous...

Posté le Lundi 17 novembre 2008 à 11h11 par niconemo

En cherchant bien...

En tout cas je recherche toute reproduction d'images d'archive de la place des clercs à Valence autour de cette époque (XVIIIe mais aussi, à défaut XVIIe au XIXe) pour une illustration de l'exécution de Mandrin que je veux la plus historiquement fidèle que possible.

Si vous avez connaissance de gravures, aquarelles, tableaux présents dans des musées, archives, cartes postales, etc., de la place des Clercs à Valence d'avant le XXe siècle... ça m'intéresse !

Je ferai à l'occasion un déplacement aux archives locales mais n'étant pas sur place, toute piste m'économisera un temps précieux.

Je ferai naturellement profiter au forum mandrin.org de la primeur de cette illustration lorsqu'elle sera réalisée.

Merci d'avance.

Posté le Mercredi 02 septembre 2009 à 16h04 par franck74

Est-ce que Mandrin a une tombe ? Et aussi, il y a une botte au val de fier en Haute Savoie une botte qui lui a appartenu, le restaurant s'appel la botte à Mandrin, vous avez d'autres infos merci.

Posté le Samedi 12 septembre 2009 à 20h08 par e-ultreia

La question concernant le lieu d'inhumation est trés interessante. Les supliciés possédaient un carré qui leur était consacré. Il semblerait qu'il se trouvait vers Bourg les Valence. Quelqun en saurait-il plus? A moins que les compagnons n'aient récupéré le corps pendu aux fourches patibulaires?

Posté le Lundi 14 septembre 2009 à 18h06 par niconemo

Au XVIIIe les suppliciés étaient exposés à la vue du peuple sur les fourches patibulaires (parfois en plusieurs morceaux). Ils n'avaient pas droit à une sépulture, pas même sous forme de fosse commune.

Ces fourches patibulaires se trouvaient généralement dans des bas côtés proches, à l'extérieur des remparts. Le même lieu servait de décharge publique où l'exécuteur des basses œuvres (également éboueur de part sa fonction) déposait tout ce que la ville considérait comme insalubre.

Selon les documents, Mandrin n'a pas échappé à ce sort. Je n'ai jamais entendu parler d'un "carré des suppliciés" dans un cimetière à Bourg-Les-Valence au milieu du XVIIIe siècle (le terme lui même est anachronique : apparition postérieure à la Révolution, avec le droit des condamnés à ne pas souffrir et à avoir une sépulture).

On peut imaginer que quelqu'un ait volé ou acheté à l'exécuteur des basses œuvres le crâne de Mandrin, mais chercher une sépulture me parait assez vain. À moins, comme vous le dites, que quelques compagnons…

Mais c'est donner des motivations bien romanesques à des personnages (pratiquement tous savoyards et aux abois, dispersés de l'autre côté de la frontière) qui avaient sans doute bien autre chose à faire qu'à traîner en France, dans les parages de Valence, en ces jours là et qui avaient déjà, pour eux-même, renoncé à toute sépulture chrétienne, espérant seulement que le jour fatal viendrait le plus tard possible et loin du gibet de la commission de Valence (et des tortures qui le précédait).

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